Archives de catégorie : Arbres morts ou encre électronique

Check-up

Diverses choses.

Premièrement je suis en période de grands questionnements. Ça m’arrive de temps à autre, en mode «mais qu’est-ce que tu veux faire de ta vie ? », « est-ce que t’es pas en train de perdre ton temps ? », « tu devrais pas profiter de tout ce que tu as plutôt que de rester dans ton coin à te poser des questions stupides ? ». Ça débouche rarement sur quelque chose et ça me rend assez peu heureux, donc je serais content quand ce sera fini. Je me contenterai bien d’une seule crise de la quarantaine, merci.

Récemment j’ai réalisé un très court métrage avec un ami. Je ne le poste pas ici parce que je ne veux pas lier mon nom et ce blog (même si je ne m’illusionne pas trop sur le degré d’anonymat que ce blog me procure). J’ai lu des romans et des essais sympas : Un roman russe d’Emmanuel Carrère, Beauté Fatale de Mona Chollet (féminisme et injonction à la beauté), Do It de Jerry Rubin (yippisme), Le dragon Griaule de Lucius Shepard, Apocalypse Bébé de Virginie Despentes.
J’ai fini Elementary, qui est décidément une très bonne série.

Sinon, j’ai découvert cet article : Portrait of a hacker, disponible aussi en français. Il est très très très bien. Je me suis déjà fait une bonne partie des réflexions qui sont dedans, mais en moins bien structuré et en moins bien écrit. Incidemment je connais l’auteur IRL et c’est quelqu’un de merveilleux.

Masqué, de Serge Lehman

J’ai fini hier le dernier tome de Masqué, une bande dessinée de Serge Lehman. Enthousiasmé par le premier tome j’avais décidé d’acheter la série, mais j’avais été assez déçu par les tomes 2 et 3. Le quatrième renoue avec la formule du premier, et si le « Fin du premier cycle » qui termine la dernière case tient ses promesses, il va y avoir de belles choses à lire.

De quoi s’agit-il ?
Un militaire français, revenant d’une mission de six ans dans le Caucase, retrouve un Paris méconnaissable, transformé sous l’impulsion du préfet spécial chargé d’en faire une métropole de rayonnement mondial. Amené à côtoyer le préfet, le héros va se retrouver au cœur des évènements menant à l’apparition de surhommes dans la métropole…

Serge Lehman n’en est pas à son coup d’essai. De lui j’avais lu le Haut-Lieu, superbe recueil de nouvelles. Il est aussi à l’origine de la Brigade Chimérique, parlant de super-héros dans l’Europe des Années Folles. C’est dans la continuité de cette série que s’inscrit Masqué. Après une parenthèse de cinquante ans, les super-héros sont de retour en Europe.

Masqué, T1

Le projet est ambitieux. Pas dans l’histoire, où le scénariste n’a qu’à dire « abracadabra » pour avoir autant de surhommes qu’il veut. Mais ce que veut Lehman, c’est faire renouer la culture populaire européenne avec la figure du héros. Car il y a eu une tradition du héros qui a disparue. Des feuilletons tels le Nyctalope mettent en scènes des super-héros en 1911, bien avant que l’Amérique ne voit apparaître son boy-scout kryptonien.
Masqué est un manifeste. Émaillé de référence à ces héros vieux d’un siècle et de ceux qui agitent les pages des comics américains, (matériel Stark Industries, une photo de Superman…), il tente d’imposer une Nouvelle Mythologie à la BD française. Pas question de se complaire dans la dépréciation et le sarcasme si typiquement français, il est temps d’avoir des étoiles dans les yeux et de croire en son pays. Il est assez jouissif de voir le drapeau tricolore faire l’objet du traitement que l’on a l’habitude de voir réservé dans les cases de BD à la bannière étoilée.

Si Lehman parvient à insuffler un peu de cette fierté américaine dans les BDs de bonne vieille France, ce ne peut être qu’une bonne nouvelle.

[EDIT : relisant ça en 2016, je suis beaucoup moins convaincu par l’intérêt de faire refleurir le patriotisme en France… mais dans la BD c’est plus une reprise des codes du patriotisme US dans les comics, c’est porté par un personnage de militaire, ce n’est pas un véritable appel à une version française de ce patriotisme, et je ne pense pas que Lehman soit du genre réac, encore que ça faudrait le coup de vérifier]

Bars et weekends

Bon, niveau labo, la vie suis tranquillement son cours. Les tomates poussent, les mouches passent les filets et les congélateurs congèlent. Pas de résultats aberrants ou intriguants pour le moment, mais un rythme de travail agréable (je dois dire que ça fait du bien d’avoir des choses à faire de sa journée, Internet n’étant pas si immense que cela finalement.
C’est coté temps libre que se situent mes découvertes. Déja, les trajets en bus m’ont permis de lire en quantités appréciables : Sociologie du Tourisme, Nocturnes de Kazuo Ishiguro (et en VO s’il vous plait), le Roi de Bruyère de Greg Keyes (fantasy), Superfreakonomics, la Mort est mon métier de Robert Merle… Un réapprovisionnement va bientôt être nécessaire.

Sinon, je suis parti à Banyuls pour un weekend. Banyuls c’est quasi à la frontière avec l’Espagne, au bord de la mer, et tout petit. J’étais accueilli par My-Hai, une camarade de promo qui fait aussi une césure. Au programme, baignade, balade dans l’arrière-pays, balade dans la ville, dégustation de Banyuls (un vin doux naturel, qui ressemble un peu au porto ou au muscat), visionnage d’épisodes de Doctor Who, discussions en franglais… Un excellent WE.

Et quand je reste à Montpellier ? Eh bien Pierre semble connaitre absolument tous les bars de Montpellier et sait saisir chaque prétexte pour me les faire découvrir. Si l’on ajoute à cela son impressionnant réseau d’amis, d’amis d’amis, de connaissances de collègues et autres relations qu’il ne prendra même pas la peine d’expliciter, cela fait un certain nombre de personnes qui veulent lever le coude avec lui à n’importe quel moment. On peut donc citer comme haut lieu de Montpellier la Fabrik, bar servant de la Chartreuse et dont les propriétaires enchaînent les Spice Girls et Metallica, la Distillerie, bar à Rhum dans lequel le restaurant d’à coté vient vous apporter votre burger (le partenariat le plus brillant depuis l’endosymbiose mitochondrienne) (je vous recommande le Stairway to Heaven, burger au pesto) (je vous recommande aussi de ne pas aligner les parenthèses comme ça, c’est syntaxiquement et esthétiquement très laid), ou encore le Vert Anglais (pinte à trois euros). Tout cela sans même mentionner les soirées à domicile.

Ce weekend ce sera départ pour la Côte d’Azur pour l’anniversaire de mariage des grands-parents, avec la grande question : mais quand vais-je pouvoir regarder l’épisode de Doctor Who ?

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Lectures expatriées

Plutôt que des photos magnifiques de Pondy ou le récit de l’avancement (laborieux) de mon stage, quelques notes sur ce que j’ai lu ici :

  • Le Bloc de Jérôme Leroy. Politique-fiction sur le prochain quinquennat, le Bloc raconte la nuit de négociations qui signera l’entrée du Bloc Patriotique (comprendre Front National) au gouvernement. Deux membres-clefs du Bloc se souviennent des années qui les ont mené ici. Polar glaçant et génial, parfait en cette période pré-électorale.
  • Trouble dans le Genre de Judith Butler. Un des ouvrages essentiels du féminisme. Pas encore fini, mais de toute façon fini ou pas il me manque des tas de références et des heures de réflexion personnelles sur le sujet pour le comprendre. Passionnant néanmoins.
  • Life de Keith Richards. L’autobiographie du guitariste des Stones. Je n’en suis qu’au tout début, mais le premier chapitre sur son arrestation en 75 aux US est un régal.
  • Gödel, Escher, Bach de Douglas Hofstader. Je viens de passer l’après-midi dessus. Réflexion sur les mathématiques, Lewis Carroll, la biologie… Un bouquin essentiel pour mon sujet de stage et à ma grande surprise un essai scientifique vraiment abordable et intéressant.
  • Promenade avec les Dieux de l’Inde de Catherine Clément. Parce que le panthéon hindou est assez complexe, et que je me sens très con à ne rien connaitre à la culture du pays où je suis.
  • Bref, je n’ai pas vraiment l’habitude de lire autant de livres en parallèles, peut-être y aura-t-il des mélanges intéressants à la fin.

    Sinon, je n’ai rien visionné depuis que je suis ici, mais je viens de télécharger Salaam Bombay pour une première approche du cinéma indien.
    [Edit 02/2016 : J’ai enfin vu Salaam Bombay. À Nancy.]