Transcrit de deux conférences qu’il a donné au Collège de France sur la perception du jardin à travers les âges, en tant que représentation ou interprétation de la nature.
Archives de catégorie : Des livres et nous
Bombs away de Harry Turtledove
Uchronie sur une guerre de Corée mené avec des armes atomiques qui s’étend au fur et à mesure en guerre mondiale. Beaucoup de répétitions stylistiques, peu d’action, assez décevant.
Des cendres en héritage : histoire de la CIA de Tim Weiner
Un livre qui retrace l’histoire de l’Agence de Renseignement américaine de sa création au 11 septembre, en étant fortement à charge. S’appuyant sur une grosse masse de documents déclassifiées et sur des interviews des protagonistes, Weiner montre une agence totalement dysfonctionnelle où collecte du renseignement et opérations clandestines se tirent dans les pattes, qui maquille les rapports au Président des États-Unis pour paraître efficace, et incapable de prévoir les évolutions géopolitiques. Très détaillé (trop même, j’aurais préféré plus synthétique) et assez intéressant (et attristant).
Gloriana ou la Reine Inassouvie de Michael Moorcock
Intriguant. Un peu uchronique, un peu fantastique, principalement un conte avec une reine intranquille, une cour rythmée par les saisons, un chancelier qui intrigue dans l’ombre. J’aime bien Moorcock en général. Problème, le roman se finit sur un viol gratuit (enfin, non pas qu’il existe des viols justifiés ou justifiables, mais là ça arrive de nul part dans le schéma narratif, et ses conséquences dans l’histoire sont hautement problématiques puisqu’il résout des problèmes??? Like ???), qui visiblement a été enlevé dans les éditions ultérieures du livre quand l’auteur a réalisé que c’était carrément problématique.
Je suis la Reine, d’Anna Starobinets
Nouvelles fantastiques russes. Comme souvent avec le fantastique, ça reste dans des thèmes assez convenu. Mais ça se lit bien.
Livres
La Théorie de la Tartine, de Titiou Lecocq. Roman sur l’émergence de l’Internet grand public et son impact sur trois précaires en 9 ans. C’est intéressant, on retrouve pas mal de bout de la vie de l’auteur (je suis son blog) et c’est globalement bien vu. Et c’est prenant, je l’ai lu en deux jours.
Security in a box, de Tactical Technology Collective et Frontline. Un guide de sécurité informatique à destination de tous publics, mais principalement les ONG et défenseurs des droits. Reprenant les concepts de la base sans rentrer dans les détails techniques mais en proposant des solutions libres et simples. Utile pour remettre à plat les notions.
Paris sans le peuple d’Anne Clerval. Reprise de la thèse de l’autrice sur la gentrification de la capitale. Ça aborde à la fois les acteurs, les phénomènes géographiques, la réaction de la municipalité, l’inscription dans les rapports de classe parisiens. Passionnant, ça m’a donné envie de lire plus de géographie radicale.
Soumission de Houellebecq. Vomitif comme prévu. Il a l’air de n’absolument rien comprendre aux rapports humains, conséquemment il est à peu près impossible d’avoir de l’empathie avec le narrateur, et politiquement c’est puant. Yay.
Black-Out de Connie Willis. Des historiens de 2062 retournent dans le temps pour observer différents aspects de la Seconde Guerre Mondiale. J’aime bien les livres de Connie Willis, l’ambiance et les intrigues (malgré leur lenteur incroyable), mais franchement, là on a vraiment l’impression que les historiens partent dans le passé les mains dans les poches avec absolument aucun plan de secours si les choses tournent mal, c’est assez aberrant pour me sortir souvent du bouquin.
Armageddon Rag, de George RR Martin
Un ancien flower child enquête sur le meurtre du manager des Nazgûls, groupe de hard rock mythique des 60’s. Ça commence bien avec l’insertion assez réussi du groupe fictif dans la timeline des 60’s, les souvenirs de l’époque et l’évolution du héros et de son groupe d’amis avec le temps, mais après ça, j’ai l’impression que GRRM ne sait pas trop comment il veut finir son roman, et il ne se passe pas grand chose. Dommage.
Le Rivage des Syrtes, de Julien Gracq
Un fils de famille noble d’Orsenna se retrouve affecté à l’Amirauté des Syrtes, mer déserte par delà laquelle l’ennemi séculaire habiterait.
Prix Goncourt souvent comparé au Désert des Tartares, moi c’est plutôt à Gagner la Guerre qu’il m’a fait penser. Même ambiance de fantasy méditerranéenne, mêmes jeux de pouvoir poussiéreux. Pour moi Le Rivage se déroule dans le même univers, 300 ans après. J’irai jusqu’à parler de plagiat par anticipation de la part de Gracq. C’est très bien écrit (même si parfois Gracq ne se sent plus et lance 10 adjectifs par phrase).
[EDIT 2023 : J’ai appris depuis que Jaworski, l’auteur de Gagner la Guerre avait écrit un article intitulé Julien Gracq, aux lisières de la fantasy, donc je pense que mon sentiment était fondé]
Livres
Pour tout résoudre, cliquez ici d’Evegeny Morozov. Essai sur le penchant à considérer le web comme exemple devant servir à remodeler la société, et les différentes questions politiques et sociales comme des problèmes indépendants admettant une solution unique de nature technique. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit Morozov (notamment il est un peu trop libéral pour moi), mais le livre est globalement très intéressant et met en lumière des problèmes cruciaux dans la façon dont sont pensées les sociétés actuellement.
Souriez, vous êtes gérés, anthologie de la Volte. J’avais été un peu été déçu par la dernière anthologie voltée que j’avais lu, celle là est très bien. J’avais déjà lu la nouvelle de Damasio (Anna à travers la harpe, qui a été republiée dans Aucun souvenir assez solide) mais ce fut un plaisir de la relire. Celle d’Ayerdhal n’est (malheureusement) pas du tout de la SF mais est incroyablement percutante. Et toutes les autres sont très cools aussi.
Radicaliser la démocratie de Dominique Rousseau. Essai sur des modifications possibles du système de gouvernement français pour éviter sa confiscation par la classe politique. L’auteur est constitutionnaliste et a un peu une mystique de la Justice, mais à part ça les propositions sont intéressantes : conventions de citoyens, Assemblée Sociale, suppression totale du cumul des mandats et limitation dans le temps, premier ministre approuvé par le Parlement, lois contestables devant le juge en tant que principe de construction de la loi…
Harry Potter and the Methods of Rationality, fanfiction rationaliste d’Harry Potter. J’en avais déjà parlé sur ce blog mais je l’avais lu alors qu’elle était encore en cours d’écriture. Elle s’est finie en mars et je l’ai relu là tout d’une traite. 1600 pages qui sont vraiment très bien. Une réflexion sur l’univers d’Harry Potter, les failles dans sa construction et les horreurs de la société des sorciers (qui sont clairement de gros connards élitistes), des complots élaborés, des dialogues philosophiques, une famille adoptive aimante, plusieurs héros aux agendas opposés, une résolution satisfaisante et une conclusion qui donne un vrai sentiment de fin… Le personnage principal peut souvent être insupportable, l’exposé sentir un peu parfois Atlas enchaîné (même si l’auteur s’en défend), mais globalement je recommande fortement cette œuvre.
Les Banksters de Marc Roche. Un livre sur les excès de la finance, qui ne m’a pas enthousiasmé. Si l’auteur dénonce certaines pratiques, je n’ai pas l’impression que le livre apporte grand chose de neuf. De plus il reste assez myope sur les causes de la crise en disant « alala il y a eu des excès mais la finance peut servir le bien ». Ok, le fait d’avoir les concepts d’emprunt, de système bancaire et d’assurance c’est bien mais ça ne justifie en rien les Credit Default Swaps et autres titrisations exotiques. Voire les innovations financières comme un tout homogène c’est assez absurde.
Là où croit le péril… croît aussi ce qui sauve d’Hubert Reeves. Essai sur l’évolution de l’univers du Big Bang à l’apparition de la conscience et sur les menaces que l’espèce humaine fait peser sur les écosystèmes planétaires. Court, clair, mais ne raconte pas grand chose de neuf pour qui a fait des études en biologie.
CosmoZ de Claro. Les personnages du Magicien d’Oz sont projetés dans le XXe siècle. Il vont le traverser dans toutes ses facettes. Guerre, Show business, eugénisme… Bien écrit, explorant les différentes interprétations que l’on peut avoir du conte de Frank Lloyd Baum, fresque hallucinée sur le XXe siècle, un très bon roman, très riche.
Kraken de China Miéville
Hommage à Neverwhere et à Londres directement, Kraken parle de systèmes de croyance, d’apocalypse, de syndicats et de métropole. Le style était étrange par moment mais je vais blâmer la traduction. Très sympa.