Pluribus, de Vince Gilligan

Série étatsunienne parue en 2025 sur Apple TV.

Un signal extraterrestre conduit un laboratoire à synthétiser un virus. Celui-ci s’échappe (inévitablement) du laboratoire et les premiers humain.es contaminé.es font tout pour propager plus loin le virus. Surprise surprise, ce n’est pas une histoire de zombies : le virus donne aux personnes contaminées une capacité de fusion de leurs consciences. Bientôt, toute l’humanité a rejoint le hivemind. Toute ? Non ! Un petit village de gaulois 13 personnes sont pour des raisons génétiques incapables de rejoindre le hivemind. Parmi elles, Carol Sturka, autrice à succès de romantasy, qui méprise son public et semble chroniquement dépressive. On va suivre Carol dans ses interactions avec le hivemind (principalement) et les 12 autres personnes non contaminées (ponctuellement), alors qu’elle tente de trouver comment inverser l’effet du virus.

J’ai bien aimé ! On sent que la série a les moyens vu les décors et les accessoires employés. Il y a très peu de personnages puisque quasiment tous les humain.es sont un unique personnage réparti en plein de corps, mais qui parlent d’une seule voix. On suit surtout les états d’âmes de Carol face à une situation un peu terrifiante et absurde, son deuil, son habituation progressive à la situation. Le hivemind est profondément alien non pas en ce qu’il habite plein de corps à la fois, mais plutôt dans ses interactions : il veut le bien des quelques humains non-assimilés (mais travaille activement à les assimiler), a une philosophie vegan voire jaïniste qui le conduit à laisser une partie importante de ses corps à mourir de faim, et au nom de son « impératif biologique » veut consacrer une part massive des ressources planétaires à construire un émetteur pour répliquer et disséminer le signal qui lui a permis d’émerger sur Terre. C’est à la fois une vision colonialiste (les humains ont été assimilés de force et les ressources vont être exploitées), et une vision pacifiste (du jour au lendemain, plus de guerre, plus d’exploitation animale – la question du changement climatique reste en suspens avec la création de l’émetteur mais l’impact en est probablement moindre que les activités humaines classiques). Il dispose par ailleurs des compétences et des souvenirs de tous les humains assimilés, réalisant une forme d’immortalité (au prix de l’individualité). Par ailleurs le hivemind semble perpétuellement heureux et prêt à tous pour le bonheur des humains restant, ne leur refusant rien (mais refusant de prendre partie lors des conflits entre eux) jusqu’à l’absurde. Logiquement les interactions avec le personnage de Carol (puis de Manousos) qui sont misanthropes au possible sont à fort potentiel comique (et là clairement que pour ça, parce que si le fonctionnement du hivemind est volontairement inexpliqué, les autres éléments qu’on voit semble être explicables comme des propriétés émergentes d’une conscience unifiée, cette eagearness to please beaucoup moins).

On a fait pas mal de pauses durant les épisodes pour débattre avec ma comparse de visionnage, ce qui me semble la marque d’une bonne série sur le point de vue philosophique.

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