La plus vieille religion, de Jean Bottéro

Essai historique détaillant ce que l’on sait de la religion mésopotamienne, via les fouilles archéologiques et les traductions des tablettes qui nous sont parvenues.

L’auteur détaille rapidement l’histoire de la Mésopotamie antique, le mélange des akkadiens et des sumériens, les cités-États, les empires locaux, etc. Puis il détaille la théogonie et la cosmogonie du pays : les dieux et déesses sont très nombreu[ses|x], avec une filiation qui se perd dans la nuit des temps. A un moment un dieu (lequel varie selon l’époque) décide de créer le monde tel qu’il est à partir d’un état initial plus amorphe. Plus tard les dieux créent les humain·e·s pour les servir (suite à une grève des dieux mineurs qui avaient ce rôle avant).

Dans la pratique, les gens se réfèrent principalement à un dieu donné qui est leur protecteur attitré. La piété passe par des sacrifices et des offrandes pour les dieux, à titre individuels ou dans des cérémonies à l’échelle d’une cité. Le calendrier liturgique était très riche. La religion est « intéressée » : les humain·e·s ont été créés pour servir les dieux, si on le fait correctement on peut attendre des récompenses de leur part. Servir les dieux voulait dire subvenir de façon très anthropomorphique à leurs besoins : on a retrouvé des inventaires des possessions des dieux et déesses (incarné·e·s dans leurs statues) dans leurs temples et des énumérations des quantités de nourriture préparées chaque jour à leur intention.

Enfin, l’auteur détaille deux autres aspects du rapport mésopotamien à la religion. D’abord, la divination, qu’elle soit faite sur les astres, les rêves, les événements surprenants ou dans les entrailles, qui répondait à des systèmes très fournis de correspondance et pouvait concerner le bas-peuple comme la conduite du pays. Il s’agissait là d’une divination d’un futur évitable, pas d’oracles comme dans les tragédies grecques où les tentatives d’évitement vont précipiter le Destin. Bottéro parle d’une approche « judiciaire » de la Destinée, où la divination permet de savoir quel est le jugement provisoire des Dieux, jugement susceptible d’un appel en demandant l’intercession des Dieux contre sacrifices, libations, etc.
Et enfin, la pratique de la magie/des exorcismes comme une façon de conjurer le mauvais sort. Originellement une pratique magique où les humain.e.s pouvaient éloigner les puissances mauvaises par leurs rituels, cela évolue avec le temps en une pratique d’appel aux Dieux, considérés comme seuls à même d’éloigner les forces mauvaises.
Le livre se conclue sur une brève revue des éléments de cette religion que l’on a pu retrouver dans des religions plus récentes, que ce soit les polythéismes gréco-romains ou les religions du Livre.

Globalement c’était un essai intéressant pour avoir une approche très vulgarisée de la religion mésopotamienne telle que l’assyriologie a pu la mettre en évidence.

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