Ernestine (tomes 1 et 2), de Salomé Lahoche

« Le chaos, les crises, c’est ce que je connais qui s’apparente le plus à de la joie »

Bande dessinée française sur une enfant qui est en CM1 et qui fume des clopes. Ernestine est la petite dernière d’une famille dysfonctionnelle, avec un grand frère idiot, un père artiste en manque d’inspiration éternelle et une mère qui fait tourner toute la maison (j’en entends déjà qui vont hurler, mais on peut dresser un parallèle avec Rick et Morty, avec une Ernestine qui occuperait les 2 rôles titres à la fois). On peut aussi rapprocher Ernestine d’une Matilda mais en plus blasée et en plus malveillante, même si sous sa carapace pointent parfois (les séquences de rêves, sa psychanalyse avec un arbre…) quelques failles et un besoin qu’on s’occupe d’elle (mais sous ses propres termes, et si vous suggérez qu’elle a peut-être juste besoin d’un câlin –which she most definitely does – elle vous plantera, parce que oui elle a aussi un opinel). Toujours dans les rapprochements avec d’autres personnages d’enfants dysfonctionnels, ça fait penser en termes de setup à Mortelle Adèle – sauf qu’Ernestine c’est réussi alors que Mortelle Adèle c’est un peu nul – disons que c’est à Mortelle Adèle ce que Calvin et Hobbes est à Boule et Bill (comme quoi, moi aussi je peux faire de la littérature comparée finalement).
Y’a aussi des thématiques féministes avec l’incompétence totale des deux hommes à faire une quelconque tâche dans la maison, la façon dont la mère se sent coincée dans la vie qu’elle s’est construite, et 15 000 références dans les livres qu’on voit Ernestine lire où dans les posters sur les murs de sa chambre (qui est d’ailleurs une cabane dans un arbre à l’intérieur de la maison familiale).

Grosse reco.

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