The Final Girl Support Group, de Grady Hendrix

Roman étatsunien paru en 2021. Lynette est une final girl : elle a survécu à l’attaque d’un tueur en série qui a décimé ses ami.es et sa famille. Elles sont plusieurs dans ce cas, un rappel inconfortable de la violence qui a balayé les États-Unis dans les années 80. Et elles sont réunies dans un groupe de parole qui leur permet de discuter avec les seules autres personnes qui comprennent leur situation. Les final girls sont cinquantenaires maintenant. Le pays est passé à d’autres formes de violence et certaines membres du groupe estiment qu’il n’est plus utile, qu’il n’est plus qu’un rituel vide. Mais c’est justement le moment où une menace non-identifiée décide de s’attaquer aux final girls, pour les éliminer une par une…

Grady Hendrix reprend le trope des final girls de film d’horreur pour imaginer ce qui se passe après leur happily survivally ever after. Que devient-on quand on a échappé au pire mais qu’on a des traumas à gérer ? L’univers construit est original avec notamment toute la question du rapport entre les franchises de film d’horreur et la réalité : dans cet univers les grosses franchises d’horreur (Vendredi 13, les Griffes de la Nuit, Halloween… à peine déguisées) sont basées sur des crimes réels, et une jurisprudence a fait que les droits appartiennent aux final girls, qui deviennent donc un rouage dans l’exploitation de leur propre histoire. C’est assez bien trouvé, avec des points intéressants sur ce que fait Hollywood de ces histoires (une des final girls a été whitewashée dans l’adaptation ciné) et en quoi la mise en scène de ces crimes participe à leur glorification. Dans les éléments rigolos, les titres de chapitres font tous penser à des titres de film dans une franchise qui dure plus longtemps qu’elle ne le devrait.

Pour autant la narration se perd un peu en chemin. Lynette affirme sans cesse s’être préparée au pire et a 10 000 plans pour s’échapper, mais elle se fait systématiquement devancer par ses adversaires, ne devine jamais correctement et se fait battre systématiquement dans chaque confrontation. Ça illustre en quoi ses traumas et son PTSD sont handicapants, mais ça en fait une protagoniste un peu reloue à suivre au bout d’un moment. Le bouquin aurait probablement mérité d’être un peu resserré pour couper quelques longueurs et redites. Le livre est paru en 2021 mais le premier jet a été écrit en 2013 et ça se voit un peu dans les préoccupation je trouve – à la fois « tout le monde s’en fiche désormais des final girls » alors qu’il y a eu un revival de l’horreur depuis et les parallèles avec le 11 Septembre et les tueries de masse dans les lycées aux US, ainsi que la place d’internet dans le livre.

Si vous aimez le sujet de l’horreur méta, vous pouvez aussi vous tourner vers The Cabin in the Woods pour les archétypes, et Teenage Sex and Death at Camp Miasma.

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