Archives par mot-clé : possession

My best friend’s exorcism, de Grady Hendrix

Roman étatsunien publié en 2016. En 1988, Gretchen est possédée par le diable après avoir pris du LSD dans une maison abandonnée dans la forêt. Sa meilleure amie Abby, dont le livre épouse le point de vue, va être la seule à comprendre ce qui s’est passé et à tenter de sauver Gretchen.

J’ai bien aimé ! Sans être le roman de la décennie, le livre joue efficacement sur les codes de la panique satanique des années 80 aux États-Unis, en en offrant une version actualisée : les adultes sont plus inquiets de la réputation de leur famille que de ce qui pourrait arriver à leur fille, l’anorexie est vue comme positive parce qu’elle fait maigrir. L’exorciste que déniche Abby participe à un show « Faith n’ Fitness »… C’est un roman réussi sur la possession et sur les amitiés adolescentes que les parents ne prennent pas au sérieux, un croisement de Heathers et de Obsession.

Recommandé pour une lecture horrifique d’été.

The Surrender, de Julia Max

Film vu lors de l’édition 2026 du Grindhouse Paradise (festival de films de genre toulousain).

Film étatsunien paru en 2025. Megan est revenue dans la maison parentale pour les derniers jours de son père. Sa relation avec sa mère (Barbara) est tendue, mais elle est déterminée à être là pour elle et pour son père. Elle découvre rapidement que sa mère pense avoir un moyen de ramener son père d’entre les morts, via un homme mystérieux dont elle a eu le contact par sa professeure de yoga. Pour ne pas antagoniser encore davantage sa mère, Megan va accepter de jouer le jeu du rituel…

Le film ne sait pas trop comment conclure, mais sinon j’ai beaucoup aimé l’esthétique. Tout le côté « cristal mom » qui est parti vers du complotisme de plus en plus chelou fonctionne très bien, y’a une vibe « folk horror des banlieues américaines ». Un hommage évident à l’Exorciste (mais en inversé) dans la scène d’arrivée du résurrecteur devant la maison, qu’on voit de dos avec un grand chapeau.

L’esthétique du monde des morts est réussie aussi, mais on sent que le budget effets spéciaux est rapidement épuisé et que le film s’est un peu coincé dans un coin avec la façon dont il a construit les règles du monde des morts : il aurait fallu laisser un peu plus de place aux personnages pour l’explorer.

C’est un premier film, clairement réalisatrice à suivre.

The Medium, de Banjong Pisanthanakun

Film d’horreur thaïlandais paru en 2021. Une équipe de tournage suit pour un documentaire Nim, une chaman qui explique être possédée par l’esprit de Ba Yan, une divinité bienveillante. Lors du tournage, l’équipe observe des comportements étranges de la part de Mink, la nièce de Nim. S’il est d’abord envisagé que l’esprit de Ba Yan souhaite lui être transmis, les protagonistes découvrent finalement que Mink est possédée par un esprit maléfique, dont l’influence sur la jeune femme va s’étendre progressivement, alors que sa famille tente de réaliser à temps un exorcisme pour sauver leur nièce.

C’était un film de possession assez réussie. Des jump scare qui marchent bien, une tension qui va croissante (et bien appuyée par la bande-son), des fausses pistes sur l’origine de la possession qui gachent les efforts des protagonistes, des décors intéressant (l’usine incendiée notamment). Dans l’absolu c’est un film de possession assez classique, on trace facilement des parallèles avec L’Exorciste, mais le fait que ce soit pas un film européen et la place différente accordée aux esprits par une partie de la société thaïlandaise fait que le discours sur la possession est moins classique. Le crescendo des actes commis par la possédée, jusqu’au point d’orgue de l’exorcisme raté qui s’inverse fonctionne bien.

Je recommande si vous aimez les films d’horreur.