Underground Airlines, de Ben Winters

Ben Winters imagine une histoire alternative où la guerre de Sécession américaine n’a pas eu lieu suite à l’assassinat d’Abraham Lincoln et à la mise en place d’un compromis entre les positions. Résultat, au XXIe siècle, il y a encore 4 États américains qui autorisent l’esclavage.

Underground Airlines, couverture L’idée est intéressante, et je trouve que Winters traite plutôt bien le sujet en ce sens qu’il ne tombe pas dans le sensationnalisme ou voyeurisme, sans non plus rendre l’esclavage (appuyé sur un système raciste) anodin, juste une toile de fond pour faire de l’uchronie.

Néanmoins, je n’ai pas été enthousiasmé par le livre, j’ai trouvé que trop de choses sonnaient fausses (à commencer par le héros totalement surdoué, ses incitatifs à rester dans ce système et ses états d’âme pas très crédibles). Et tant qu’à faire, je pense qu’il aurait été plus intéressant de montrer un système d’exploitation des noirs américains plus proche de celui qui est actuellement en place avec les prisons privés et le travail sous-payé des prisonniers que de montrer un esclavage « du passé » actualisé juste en technologies, dans le sens où là (quand on est blanc) c’est facile de dire « Ah la la c’est vraiment horrible, heureusement qu’on vit pas dans ce monde ».

En bonus, la couverture, parce qu’elle est fort jolie.

Vincent n’a pas d’écailles, de Thomas Salvador

Je recommande le film, si vous voulez le regarder juste sur cette recommandation sans rien en savoir ne lisez pas la suite.
[SPOILERS] Film français d’une heure vingt. Vincent, jeune homme pas super bien inséré dans la société, débarque dans une nouvelle région. Il travaille dans une entreprise de construction et devient ami avec u de ses collègues et est attiré par Lucie. Accessoirement, il se trouve qu’il a un super-pouvoir : sa force physique est décuplée quand il est en contact avec de l’eau. C’est un bon film de super-héros français : il ne se passe pas grand chose, les personnages se contentent de traîner les uns avec les autres et de discuter et d’être posé dans leur vie. La directions des acteurs laisse parfois un peu à désirer (film français, j’ai dit), mais l’histoire est cool (même si je trouve que le héros est vriament pas dégourdi dans son utilisation de son pouvoir, notamment lors de la scène de course-poursuite).

Un regret : il y avait une occasion en or de faire une scène post-générique dans le style des films Marvel/des blockbusters US en général (dans l’idéal, Samuel L. Jackson dans son personnage de Nick Fury ou un équivalent québécois qui vient recruter Vincent)

XVIIe

Nouvel appartement rive droite et en banlieue. La banlieue en soi est pas folle architecturalement mais par contre le coin de Paris à proximité immédiate est riche en constructions surprenantes.

Immeuble art mi-nouveau/mi-déco
Sainte-Odile (ou Orthanc, jury’s still out on this one)
Invaders et retoucherie
Pas du tout une entrée secrète vers un service secret ésotérique défendant la France contre des abominations eldritchiennes, non non non (en vrai c’est une sortie de secours de l’espace Champerret)
Sculpture de bâtiment sur fond de bâtiments, parfait pour se flinguer la perception de la perspective. 

La cache, de Christophe Boltanski

Un roman typiquement français, où l’auteur/narrateur revient sur le passé de sa famille. J’étais un peu dubitatif au début, mais en fait ça se lit bien, la narration qui fait des allers-retours dans le temps fait que l’on comprend au fur et à mesure les tenants et les aboutissants de l’histoire. Accessoirement les travaux de son père sont pas du tout évoqués dans le bouquin (contrairement à ceux de ses oncles), mais c’est le fils du sociologue Luc Boltanski.